Section C :
F. Z. Horusitzky :
IV. Reconstruction de
pointes aurignaciennes de largeur supérieure à 12 mm
IV 1. Introduction
IV.2. Fragments apicaux larges
Apicaux
IV 3. Reconstruction des fragments proximaux longs
Proximaux longs
IV 4. Reconstruction des fragments proximaux courts
Proximaux courts
IV.5 Reconstruction des fragments médians
Medians
IV.6 Les fragments en plusieurs morceaux
Fragments multiples
IV 1. Introduction
IV.1.1 Classement des fragments suivant les fractures :
1) Fragments ou pointes avec bout intact ou peu endommagé :
Ces pièces nentrent pas dans les travaux de reconstruction. Certains fragments cassés font partie du chapitre des fragments multiples dont le but sera avant tout lanalyse des causes des fractures et la validation des procédés de reconstruction.
Elles permettent de supposer que la pointe na pas frappé un obstacle dur et na pas subi de flambage. Ces pointes sont :
Pb 50/36, sans base à épaule
Pb 50/37, sans base, courbé
Pb 50/39, sans base, courbé
Pb 50/43 (perdu) sans base
Pb 50/51 base fendue, courbé
Pb 50/52 court, base fendue conservée
Pb 50/54, base fendue, courbée
Pb 50/55, sans base
Pb 50/56, sans base, courbé, plié
Pb 50/60 (cassé), sans base (fendue), plié
Pb 50/61 avec la base fendue fracturée,
Pb 50/62 base fendue fracturée
Pb 50/163 (cassé), base fendue fracturée
Pb50/164 (cassé), base fendue fracturée
Pb51/58, sans base, plié
La fracture de la base sans flambage est due à une flexion pure avec la pointe restée entièrement encastrée dans le gibier et le manche fracturé par les mouvements de lanimal ou par loscillation et la gravitation du manche.
Pour quune base fendue soit fracturée par flambage il faut remplir les condition de rapport 5/30/150 pour les sagaies à flambage encastré/pivotant ou de rapports 5/45/150 (5/40/100) pour les lances au flambage encastré/libre.
Dans notre collection les pointes courbées avec un bout légèrement endommagé ne correspondent pas à ces conditions. Elles ne sont envisageables que dans lemploi comme lance.
IV.1.2 Reconstructions des fragments fracturés par flambage
Évidemment on ignore la forme originale des pointes fragmentées. Lorsque le fragment conservé a une forme conique on peut envisager la probabilité que la pièce entière était de forme conique.
Lorsque le fragment nest pas conique on adopte la méthode expérimentale avec simulation par patron.
Lorsque la reconstruction devient impossible avec la supposition de la forme conique de la partie manquante on fera appel également à la méthode de simulation.
2) Les fragments apicaux avec bouts endommagés
La pointe équipe une sagaie à base fendue ou une lance à base solide.
Lhypothèse de sagaie à base solide, non fendue, fracturée par flambage encastré/pivotant aboutit à des longueurs excessives.
Il sera donc plus raisonnable de supposer la base fracturée fendue pour les sagaies et la base non fendue, ou fendue mais solide, pour les lances fracturées par flambage encastré/libre.
Les trois pièces suivantes seront reconstruites comme sagaies et comme lances.
Pb51/29, Pb50/04, D.b. 427.
Le Pb 50/30 sera considéré comme fragment de sagaie fusiforme uniquement.
3) Fragments proximaux longs :
Fracture à lemmanchement et à la jonction apicale.
Après lendommagement du bout, le flambage encastré/pivotant fait casser la pointe à un quart - un tiers de sa longueur.
Ensuite, la base est fracturée par une poussée latérale ou par un flambage encastré/libre.
Avec lhypothèse de la conicité la longueur de la partie manquante sobtient directement avec le tracé de la droite du fragment conique en choisissant une section hypothétique du bout endommagé.
Pb 50/41, Pb 50/53, Pb 50/59, Pb 51/26.
4) Fragments proximaux courts :
Fracture à lemmanchement et à la frontière proximale/médiane.
Nous pouvons distinguer deux situations :
- Dans le cas de lances soumises au flambage encastré/libre la fracture peut se situer proche de lemmanchement.
Pb 50/35, Pb 50/42, Pb 50/99,
- Dans le cas de sagaies le grand nombre de fragments médians suggère lexistence de fragments proximaux sans tronçon médian comme le
Pb 50/185.
5) Fragments médians
Pb 50/05, Pb 50/20, Pb 50/23, Pb 80/25, Pb 50/169,
Pb 50/186.
6) Les fragments en plusieurs morceaux
Pb 51/19, Pb 51/30, Pb 51/53, Pb 51/86,
Pb 51/92, Pb 50/01, Pb 50/33, Pb 50/63, Pb 50/91,
Pb 50/92, Pb 50/93, Pb 50/101, Pb 50/157, Pb 50/159, Pb 50/165, Pb50/166, Pb 50/167.
Les fragments en plusieurs morceaus posent le problème des casses soit pendant les fouilles soit au Musée même. Il nous manque pour le moment une méthode de diagnostic sûr pour identifier les fractures anciennes provoquée pendant la chasse, les fractures ultérieures sous terre et les fractures récentes.
IV.1.3 Difficulté de la localisation du rayon de courbure minimal
On envisage une reconstruction
- soit par le calcul lorsque le fragment est assimilable à une forme conique (= forme triangulaire lorsque lépaisseur est peu variable)
- soit comme pointe fusiforme analysée par essai de flambage de patron lorsque la supposition conique donne des longueurs invraisemblables.
Suivant la forme du fragment il arrive parfois que la reconstruction par calcul nest pas possible parce que le fragment ne suit pas une forme conique.
Il est alors nécessaire de procéder par simulation à laide dun patron découpé.
On peut procéder comme suit :
On dresse un cercle dit cercle de rupture dont le rayon correspond au rayon de courbure que la matière peut supporter.
Dans le cas le plus fréquent il sagit du bois de cerf dont le rayon de courbure limite est de 135 mm.
Malheureusement la limite des rayons de courbure est très variable suivant les individus.
La valeur de 135 mm a dû être fixée pour avoir une référence de comparaison unique pour les travaux de reconstruction.
La flèche du patron sera alors ajustée pour que la zone la plus courbée se superpose avec le cercle de rupture.
Parfois cette superposition se réalise sur une large zone de la pointe où le rayon de courbure est constante. Dans cette zone laugmentation de lépaisseur de la pièce permettra de définir le point de fracture qui pourra légèrement dépasser la zone du rayon de courbure constante.
Il arrive aussi que le rayon de courbure et lépaisseur soient constantes sur une zone étendue.
Nous sommes limités alors à définir une zone entre deux repères oû la fracture a dû se produire sans préciser la position exacte.
Le fragment doit correspondre à cette zone de fracture possible et probable une fois la pointe reconstruite.
IV.1.4 Interprétation des Tables et des Figures
Tables :
Colonne A : les largeurs de la pièce en mm
Colonne B : les épaisseurs de la pièce en mm
Colonne C : le produit largeur x épaisseur au cube,
C1 = A1*B1^3
Colonne D : normalisation du produit A1*B1^3 en partant de 5 (ce qui correspond au bout de patron de 5 mm facile à découper et à manipuler).
Dans les calculs par les tableaux coniques le produit C figure seulement en tant que rapports entre C min (= 5 mm) et C max à lemmanchement.
La colonne C normalisée démarre parfois à des valeurs différentes de 5 en fonction de lavancement de la reconstruction.
Première ligne :
La première ligne commence à la cote 0 mm par la valeur 5. Dans certains cas la cote O est décalée à la ligne 2. La ligne 1 comprend alors une valeur interpolée entre 0 et 10 mm.
Les lignes se succèdent de 10 mm en 10 mm, les longueurs sont indiquées dans la colonne D.
Figures :
Les figures sont dune part la représentation graphique de la Colonne D
- permettant dapprécier la conformité conique du fragment et dextrapoler pour les parties manquantes
- indiquant la forme fusiforme anticipée pour la reconstruction des formes non coniques.
Dautre part, les figures sont la reproduction des patrons incurvés au cours des essais de flambage.
Les patrons incurvés sont accompagnés des cercles de rupture. Les cercles de rupture sont lexpression du pliage maximal que les pièces peuvent supporter.
Le rayon de courbure minimal correspond au cercle de rupture de rayon 135 mm dans le cas du bois de cerf.
Dans cette valeur de référence la déformation élastique et la déformation dépassant la limite élastique sont confondues.
# 8/10/07