Les os troués des ours des cavernes
    F. Z. Horusitzky


    Les os troués dans les grottes d’Europe Centrale à l’époque du moustérien tardif et de l’aurignacien ancien sont particulièrement nombreux. Cette période correspond à la présence prépondérante des ours des cavernes dans les grottes.
    Il serait impensable de les attribuer tous les trousà l’agression des animaux carnivores. Ces animaux ont survecu sur un territoire plus vaste que la zone où les trous sont fréquents et il n’y a aucune raison de supposer qu’ils ont changer leurs habitudes de chasse au cours de quelques dizaines d’années en adoptant des styles différents suivant les grottes.
    À l’intérieur de cette zone territoriale les grottes slovènes sont très riches en mandibules trouées alors que l’Autriche se distingue par un très grand nombre de vertèbre perforés. Cette différence suggère que l’auteur des trous étaient des hommes avec des habitudes locales.
    Deux pôles de recherche ont été très actifs dans l’étude des perforations :
    S. et M. Brodar en Slovénie avec la participation d’Ivan Turk
    Kurt Ehrenberg en Autriche avec la participation de Mária Mottl.
    On peut noter également la contribution de Th.Kormos et de J. Heierli avant la première guerre mondiale.
    Les travaux de Brodar et d’Ehrenberg sont absolument indispensables à l’appréciation des trous.
    On peut être surpris que les contestataires : G.Albrecht et collaborateurs, P.Chase & A.Nowell, F. d’Errico et al., qui ramènent de préférence tous les trous à une origine naturelle, semblent ignorer ces deux auteurs.
    Nous allons présenter d’abord la collection Slovène, ensuite les os perforés des grottes autrichiennes et finalement les os présentés par les contestataires.
    L’étude se termine par la présentation d’objets divers qui n’entrent pas dans la zone territoriale et chronologique précitée.

    Les trous en Slovénie
    Mitja Brodar a distingué cinq classes d’origine des trous :
    1) Trous pathologiques
    2) Trous dus à un processus de corrosion chimique
    3) Trous ou dépressions causés par des chutes de pierre ou probablement par la pression du gisement
    4) Trous mordus par des fauves
    5) Trous en rapport avec l’action humaine.
    Toutes ces catégories se retrouvent dans un ensemble impressionnant de mandibules trouées. Sur les os longs on retrouve les trous d’origine des classes 2,3,4 et 5 que nous allons regrouper comme suit :
    —Trous d’origine naturelle : corrosion chimique ou biologiques. Pression, action de pierres et du sol, piétinement.
    —Trous d’origine ambiguë.
    —Trous faits très probablement par l’homme.
    Il existe des cas particuliers :
    —Trous faits sur des pointes fabriquées par l’homme d’où le perçage par l’homme paraît indiscutable
    —Trous d’origines diverses réalisés sur un os unique.
    M.Brodar a présenté une collection de 83 os troués. À cause de trous multiples cela représente 138 trous observés et examinés jusqu’en 1985. Depuis Divje babe a fourni au moins 7 trous supplémentaires.
    Tous les os proviennent de l’ours des cavernes (sauf indication contraire).
    Une partie importante des trous sont sur les mandibules et sur quelques vertèbres. Étant donné que les mandibules et vertèbres nécessitent une étude à part, nous ne les avons pas inclus dans les figures ci-dessous. Néanmoins il faut souligner que M. Brodar a tiré ses conclusions sur l’ensemble de trous.
    La première de ses conclusions est qu’il est impensable que tous les trous soient d’origine naturelle.
    Les critères de classement parmi les trous percés par l’homme sont avant tout l’absence de dépression sur la face opposée. Sur les 83 objets il a trouvé 22 dont la face opposée est sans dépression notable.
    Comme deuxième critère il faut mentionner la position du trou. Les trous sur la diaphyse, surtout quand ils sont au milieu, sont pour M.Brodar une indication très ou presque sûre du perçage humain.
    Les trous dans une diaphyse intacte ne peuvent pas être des trous mordus.
    Certaines pièces réunissent des trous à la fois humains et naturels. M. Brodar signale la combinaison sans prendre position pour l’origine de la pièce.
    Le critère de présence ou d’absence de tissu spongieux n’est pas souligné par M.Brodar.
    Les trous naturels sont illustrés par quelqeus exemples seulement. On peut penser que la majorité des pièces dont l’illustration manque appartenait à la catégorie douteuse ou visiblement naturelle.
    Les appréciations au-dessous des figures sont formulées par M.Brodar et I.Turk.


    Les trous artificiels en Slovénie





    Exemples de trous d’origine
    naturelle en Slovénie



    Trous en Autriche

    Compléments. Tableau des flûtes. Références
    Expériences de perçage
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